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Aller plus loin avec Whismerhill

Le mariage

     Volonté de changer de style ? Envie de raconter autre chose ? Besoin d’écrire sur quelque chose qui me touche ? Je ne sais pas d’où ça vient ! Ce qui est sûr, cependant, c’est que je fondais dans mon texte "Le Mariage", des espoirs importants. Pour une fois, je construisais, je faisais des efforts dans le style narratif, je mettais des descriptions là où, habituellement, je fais court mais pas immersif. En résumé, j’ai tenté d’écrire du mieux que je pouvais, en étant content de ce que j’étais en train de produire, chose finalement assez rare.

     Et puis la première lecture par un proche (hein maman ;-) a grippé cette belle mécanique : style lourd, histoire qui n’avance pas, descriptions trop nombreuses et dispensables. Critiques dures à entendre mais la vérité est souhaitable aux illusions trompeuses. Me voici donc face à ce texte que je n’ai, pour l’instant plus trop envie de continuer et plus non plus envie de travailler, un peu découragé. Mais puisqu’un avis n’est jamais parole d’évangile, je le livre en pature ici pour avoir d’autres avis, même s’ils sont identiques. Au moins, je serai fixé. Alors bonne lecture et faites péter les commentaires. (Soyez indulgents, c’est une version non corrigée ! ;)

 
 
     Cédric engagea la voiture sur le parking improvisé dans la cour de l’école, baignée par le soleil des grands jours. Le temps, pour un 6 novembre était magnifique. La température avoisinait les quinze degrés, l’astre de vie illuminait le village et le ciel bleu n’était pas en mesure de contrarier le tableau idyllique. L’été indien dans toute sa splendeur s’apprêtait à bénir cette union.
     Ce mariage s’annonçait sous les meilleurs auspices, malgré son envie plus que mitigée de venir assister à la cérémonie unissant un oncle par alliance de sa femme — travaillant dans la même entreprise que lui — avec celle qui partageait sa vie depuis près de dix ans. La présence massive de ses collègues de travail n’avait pas été non plus pour l’encourager à supporter des railleries déjà désagréables en entreprise. Il militait activement pour la séparation vie privée / vie au travail mais était loin de faire l’unanimité, que ce soit dans l’entreprise ou à leur domicile.
Marianne, sa femme, semblait tellement y tenir qu’il n’avait pu que fondre devant sa supplique. Elle l’avait regardé avec ses grands yeux bleus, dont la brillance pouvait anéantir en quelques secondes le plus têtu des hommes. Dieu sait qu’il pouvait l’être quand il en avait envie et Dieu sait qu’elle profitait de son avantage psychologique. Des arguments comme « On ne va pas beaucoup dans ma famille. » ou « Pour une fois, tu peux me faire plaisir » l’avaient achevé et réduit au dérisoire les réminiscences du dernier mariage auquel il avait assisté cinq ans plus tôt : le sien. Depuis, les mauvais souvenirs le retenaient de réitérer l’expérience, y compris avec d’autres protagonistes.
     Cédric se tourna vers sa femme et vit la lueur de joie qui éclairait son regard. Elle semblait vraiment heureuse d’être là. Heureuse comme il ne l’avait pas vue depuis bien longtemps. Il lui prit la main. Elle était gelée et, à son contact un frisson lui parcourut l’échine. À l’arrière du monospace, les enfants n’avaient pas dit un mot ni l’un ni l’autre, sages comme des images. Lola, du haut de ses quatre ans veillait tendrement sur son petit frère endormi. La scène le fit soupirer bruyamment, heureux de ce qu’il voyait, de sa progéniture, de sa déjà grande famille. Marianne s’en rendit compte et serra sa main plus fort encore, juste pour lui signifier qu’elle l’aimait fort. Les effusions d’amour n’étaient pas la tasse de thé de la jeune femme qui préférait montrer son affection par de petits gestes de la vie de tous les jours, beaucoup plus importants à ses yeux. Son mari ne pensait pas la même chose, mais admettait cette situation et acceptait bien volontiers, par contre, les signes qu’elle daignait lui donner. Le silence dans le véhicule n’était pas pesant mais serein. Ils profitèrent, chacun à leur manière de ce moment de quiétude improvisé.
     Ils n’eurent pas besoin de se parler pour se comprendre. C’est presque avec regrets qu’ils quittèrent leur petit nid d’amour, mais ils n’avaient pas l’intention de rater le début de la cérémonie. L’oncle leur en aurait un peu voulu. Cédric ouvrit la porte arrière et fit descendre Lola, tout heureuse de sortir enfin du carcan automobile. « N’oublie pas ton manteau. »,  ajouta-t-il avant de l’aider à l’enfiler. Le sourire radieux qu’elle arborait avait systématiquement le même effet sur lui : il se sentait un papa comblé et heureux d’avoir sa petite fille chérie. La jeune femme détacha Matéo sans le réveiller puis, le plus délicatement possible, l’extirpa du cosi dans lequel il dormait profondément. L’enfant émit quelques sons gutturaux ne laissant pas le moindre doute sur son mécontentement d’être ainsi sorti de son — probable — doux songe. Elle le rassura par quelques caresses dans le dos et sur le front — il adorait les gratouillis sur la tête — avant de lui murmurer à l’oreille : « C’est maman, mon chéri. On est arrivé. Il faut se réveiller tout doucement. ». Il répondit par de petits gazouillis qu’elle apprécia à sa juste valeur malgré une odeur nauséabonde qu’elle ne connaissait que trop bien. Elle informa Cédric de l’accident et lui demanda de bien vouloir prendre les affaires pour le changer, ce qu’il fit sans rechigner avant de lui dire que Lola et lui partaient devant.
     Marianne s’occupa du démoulage pendant que Matéo se réveillait tranquillement, grâce à un passage en revue de l’ensemble de son vocabulaire plus syllabique qu’autre chose. Elle trouva que les lingettes étaient une merveilleuse invention et se demanda comment faisaient les femmes quand ni les lingettes, ni les couches n’existaient, puis elle oublia bien vite et retourna au confort de la modernité. L’enfant rhabillé et le réceptacle fécal replié, elle s’interrogea sur sa destination jusqu’à ce qu’elle aperçoive une poubelle salvatrice dans laquelle elle s’empressa de déposer le vilain présent. Puis, elle s’éloigna du véhicule, non sans avoir vérifié trois fois qu’il était bien fermé à clé, bien qu’elle ait entendu le bip-bip caractéristique du verrouillage total.
     La rue dans laquelle donnait la cour était pavée de manière irrégulière, laissant des jours de plusieurs centimètres de hauteur entre deux pierres. L’ensemble était bombé sur le milieu de la chaussée, permettant à l’eau de s’écouler tranquillement lorsqu’il pleuvait, mais posant quelques soucis aux voitures un peu trop basses. Les maisons devant lesquelles elle passait lui parurent très étrange. Habituée aux couleurs pastelles — voire blanches avec ses déclinaisons — de sa région, elle était étonnée par ces habitations chamarrées. Chacune avait une couleur bien précise et la déclinait sur toute sa façade : un peu plus foncée pour les volets, un peu moins pour les tours de fenêtres ainsi que pour la porte. Le plus amusant lui sembla être la cohérence dans la diversité. Ces règles, peut-être bien empiriques, étaient respectées à la lettre sur chaque devanture, permettant au promeneur de faire un voyage plus lointain encore que le petit village perdu en haut de la colline. Et pourtant, tout indiquait que beaucoup appartenaient toujours à des agriculteurs, à commencer par les énormes portes de grange tout à fait fonctionnelles et les outils divers qui traînaient devant les maisons. De l’endroit où elle était, l’on apercevait facilement la mairie où le mariage allait être célébré. Un mat impressionnant se dressait tout en haut de la toiture parée d’ardoises, servant certainement de parafoudre. Curieusement, ce bâtiment était le seul à avoir une couleur plus classique, beige clair, et grâce à cela était mis en valeur. Une haute grille entourait ce qui aurait pu être confondu sans peine avec un château du dix-neuvième siècle. Le travail de fer forgé ne pouvait qu’attirer l’admiration des visiteurs un tant soit peu amateurs de cette forme d’art. La grande porte était ouverte sur la cour intérieure où se pressaient les invités, du moins ceux qui étaient un peu en avance puisque la cérémonie commençait à onze heures quarante-cinq et qu’il n’était encore que onze heures et quart.
     Cédric distingua Marianne et Matéo arrivant au pied de la grille et s’approcha d’eux pour qu’elle n’ait pas à chercher longtemps où ils avaient pu passer. Lola gambadait entre les jambes des invités en leur faisant de grands sourires enjôleurs. L’enceinte était close, mise à part la grille vers laquelle il se dirigeait. Il estima donc qu’il pouvait sans souci la laisser jouer seule, tranquillement et trouver des camarades, bien que le nombre d’enfants ait été assez limité. En le voyait, le visage de Marianne s’éclaira. Visiblement, elle le cherchait déjà, avant même d’être parvenue dans la foule. Il prit son fils dans les bras pour la décharger et sa main pour affronter la multitude.
     Le temps lui avait manqué pour saluer tout le monde. Il n’en avait d’ailleurs pas forcément envie mais la politesse l’obligeait à saluer au moins les collègues de travail qui pullulaient dans l’enceinte ensoleillée. Les mains moites avaient succédé aux bises données à des presque inconnues. Les bains de foule n’avaient jamais été son activité favorite mais l’obligation était là. Elle allait durer toute la journée qu’il imaginait sans trop de risque de se tromper interminable. La machine à hypocrisie se remit en marche. Des personnes qu’ils n’avaient pas rencontré depuis de très longues années — certaines n’avaient même jamais vu les enfants — leur disaient la joie qu’ils avaient de les revoir en ce jour de fête. Cédric aussi était heureux de retrouver certaines personnes mais, dans la majorité des cas, l’éloignement ne lui avait pas été aussi pénible que ceux-ci voulaient bien lui faire croire. Les personnes âgées avaient toutes une petite lumière dans les yeux en voyant le bébé — déjà grand à l’échelle d’un bébé mais si jeune à leur niveau — et lui faisaient toutes des caresses ou des gloussements amusés, devant l’œil médusé de l’enfant.
     Marianne ne connaissait pas tout le monde non plus mais elle avait l’avantage de la famille. Même par alliance, la plupart des individus présents en faisaient partie. Elle avait perdu de vue certains de ses cousins et cousines car elle se disait que la vie allait ainsi. La vie avait suivi son cours et les foyers s’étaient agrandis. Peu des jeunes gens présents étaient déjà parents ; pourtant, elle avait remarqué immédiatement le nombre impressionnant de ventres ronds dans l’assistance. Dans une certaine mesure, cela lui manquait un peu. Les moments de bien-être lorsque les premiers sont passés, ces sensations de plénitude, d’accomplissement total, de bonheur pour résumer. Malheureusement, ces instants-là ne durent pas très longtemps avant que les douleurs liées au surpoids ne reprennent le dessus. À chaque grossesse, elle avait gagné — comme elle aimait à le dire — deux mois de vie, les plus merveilleux de son existence, si l’on exceptait la naissance.
     Rapidement, la température — près de vingt degrés — devint difficile à supporter en manteau. Lola, qui courait dans tous les sens, à la recherche d’un petit copain avec lequel elle s’amusait à chat perché, avait ôté le sien depuis un bon moment déjà. Cédric enleva celui de Matéo ainsi que le sien avant de demander à sa femme si elle n’avait pas trop chaud non plus, ce qui était le cas. Elle prit les trois manteaux et les posa sur une table déjà bien garnie de pardessus et vestes en tout genre. Quand elle revint près de lui, il avait posé l’enfant à terre. Celui-ci marchait d’un pas toujours hésitant car il s’était lâché seulement quelques jours auparavant. Avec l’aide de son père, il se dirigeait d’une manière bien décidée, quoique peu orthodoxe, vers le grand jardin qui jouxtait la mairie. Il était immense, un vrai terrain de football. Sur la droite, un grand mur de pierre était en cours de ravalement, et ce n’était pas du luxe car un grand nombre de pierres étaient à terre. À gauche, un petit mur, d’un bon mètre quand même, laissait la place au paysage extraordinaire de la vallée. La vue se perdait à des dizaines de kilomètres au loin. En bas, coulait une petite rivière qui semblait avoir bien du mal à ne pas se tarir, malgré la saison habituellement plutôt humide. Cette année, elle ne l’était pas. Au fond du jardin se dressait une petite chapelle que l’histoire avait probablement oublié depuis longtemps mais pas la communauté puisque des ornements étaient posés tout autour et semblaient presque neufs. Dans cet immense jardin-cour, une place de choix avait été laissée au potager qui étalait fièrement les derniers légumes de la saison : choux, pommes de terre, citrouilles sans oublier un assortiment de salades toutes aussi vertes les unes que les autres. Mais le tout était éclipsé par des piquets installés en crois où avait dû s’épanouir une variété de haricot à rame.
     Matéo prenait à présent de l’assurance dans un environnement où ses parents se sentaient rassurés. Aucune crainte de bobo car l’herbe était largement assez épaisse pour amortir toute chute involontaire. Quand sa promenade l’emmena vers le potager, Cédric le remit dans le droit chemin et il reprit sa course effrénée à la vitesse d’un bon décimètre par seconde. Pendant que son père restait tranquillement derrière pour le surveiller, Marianne fut prise à parti par une dame très âgée donc elle ne se souvenait plus, peut-être à dessein. Celle-ci mesurait à peine un mètre cinquante, voutée qu’elle était. Ses cheveux étaient d’un blanc si immaculé qu’ils n’en semblaient pas naturels. De grosses lunettes posées sur le bout de son nez, qui lui occultait complètement ses yeux, paraissaient regarder à sa place, suppléant des organes à bout de souffle. Malgré sa posture et son âge avancé, une sorte de sagesse et d’élégance se dégageait avec force de sa personne. Les quatre-vingt-dix printemps ne devaient pourtant plus être très loin.
     Celle-ci lui attrapa les épaules, l’embrassa affectueusement, mais avec force, et lui palpa tous les membres comme l’on pourrait le faire sur un cheval à vendre. Son regard lent la parcourrait comme pour retrouver des souvenirs oubliés à cause des outrages du temps tout lui parlant.
-          Je suis contente de te voir, ma petite Marianne. Comme tu as grandi ! dit-elle la voix légèrement chevrotante. Tu es devenue une vraie femme, maintenant !
     Elle songea qu’elle l’était depuis un moment, maintenant. L’important était plutôt de retrouver le nom de cette satanée tante qu’elle n’avait pas vue depuis bien longtemps. Les outrages du temps n’étaient peut-être pas que pour les personnes âgées, après tout. Au moins la vieille femme se souvenait d’elle. Puis, pendant que celle-ci — quel âge pouvait-elle bien avoir ? — soliloquait, son identité lui revint. Elle était la grand-tante du marié, c’est-à-dire la sœur du grand-père du marié : tante Agathe. Les histoires de familles sont souvent bien compliquées mais lorsqu’elles sont recomposées à plusieurs niveaux, ça devient assurément le capharnaüm. Les trois générations présentes avaient eu au moins un divorce et le réassemblage qui s’ensuit. Il semblait extrêmement difficile de faire un arbre généalogique digne de ce nom avec une telle famille.
          Je vais bien, tante Agathe. Je ne vous ai pas encore présenté mon mari ? Ne bougez pas, je vas l’appeler. Cédric ! cria-t-elle dans sa direction.
     Le jeune marié — aux yeux de tante Agathe — pivota de quatre-vingt-dix degrés et l’interrogea par un hochement de tête, tout en gardant un œil attentif sur son fils qui n’espérait qu’un moment d’inattention pour lui fausser compagnie.
          Viens voir, j’ai quelqu’un à te présenter.
          J’arrive ! répondit-il en se réglant sur le même volume.
     Matéo n’apprécia pas du tout d’être privé de sa liberté de mouvement, fut-ce pour se retrouver dans les bras affectueux de son père. Il le fit savoir de la pire des manières : en hurlant. Cédric tenta de le calmer en lui caressant le dessus du crâne car, depuis sa naissance, cette zone de son anatomie se révéla le pêché mignon du bambin auquel il ne pouvait résister. Cette incongruité de la nature avait été découverte par Cédric lui-même et par hasard, le jour de sa naissance. Cherchant avec délicatesse la fontanelle, il avait remarqué les sourires presque forcés que ses caresses provoquaient bien malgré lui. Depuis, à chaque fois que l’enfant montrait son mécontentement, une petite gratouille sur le sommet de son crâne était plus efficace que toutes les remontrances et tous les câlins de la terre.
     Lorsqu’il approcha de la vieille femme, elle se jeta littéralement sur lui pour l’embrasser, à sa grande surprise. La phrase faillit sortir, il se retint de la prononcer mais il avait été à deux doigts de dire « Aïe, ça pique ! », ce qui n’aurait pas été très heureux pour une entrée en matière.
          J’ai tellement entendu parler de vous ! Je suis très heureuse de vous rencontrer enfin.
     Il aurait bien aimé lui retourner le compliment mais n’avait strictement aucune idée de qui elle était, et demander à sa femme de lui dire son nom devant elle relevait de la pire goujaterie. Il prit donc la décision de parler le moins possible afin d’éviter de dire des bêtises, chose dont il était coutumier. Quand elle le lâcha, ce fut pour le bombarder de paroles d’une voix tremblotante et sur un rythme d’une lenteur mortelle. Il n’osa pas l’interrompre.
          Je ne vous connaissais pas, vous avez l’air charmant, jeune homme. Vous savez, j’ai quatre-vingt-neuf ans, je connais les histoires de couche-culotte de tous ceux qui sont ici. Je suis la doyenne de l’assemblée, tout le monde me doit le respect.
À cette dernière phrase, Cédric, qui était d’un naturel vif mais gaffeur, ne put s’empêcher de lui répondre.
          Le respect, à tout âge, ça se mérite !
     Marianne ne tergiversa pas, lui donna une claque sur l’épaule droite en signe de mécontentement— la gauche étant encombrée par le jeune homme au gratouillis — et le fusilla ensuite du regard. Cédric, lui, attendait la réaction de la vieille dame, bien conscient que ce qu’il venait de dire n’était guère correct et risquait de lui amener quelques problèmes dans la famille, même s’il ne savait pas de quelle famille il s’agissait. L’attente, avec Matéo qui gazouillait toujours sur son épaule et Lola qui passait en courant de temps en temps, lui paraissait longue mais, finalement, guère plus que celle entre deux mots lorsqu’elle s’exprimait. Il fallait juste le temps que les tenants et aboutissants de la phrase soient analysés. Puis le verdict tomba net, comme une guillotine.
          Ah ! Ah ! Ah ! rit-elle à gorge déployée. Vous avez raison, jeune homme. J’aime les personnes qui ont le sens de l’humour et celui de la répartie. Vous voilà adopté.
     Elle l’empoigna et l’emmena avec force vers d’autres invités, occupés à discuter dans le coin potager du jardin. Il jeta un regard implorant à sa femme qui ne leva pas le petit doigt pour le sauver des griffes de la vieille tante sinon pour attraper au vol Matéo ; petite vengeance personnelle. Son pas était étonnamment vif pour son âge et Cédric en fut très surpris, dandinant derrière elle. Elle lui présenta plusieurs personnes, toute d’un âge que la décence ordonne de taire, en lui expliquant soigneusement leur identité. Jamais il ne retiendrait tout cela mais il songea qu’il avait toute la journée pour le faire. Il y avait là pêle-mêle un grand-père, un cousin de celui-ci et le frère de la tante Agathe. Cette dernière n’était probablement pas la plus jeune mais assurément celle qui était en meilleure forme. Il ignorait combien de ces personnes étaient invitées au repas de mariage, mais supposait que, faisant partie de la famille, ils y seraient tous.
     Marianne avait reposé son fils et regardait la scène, amusée par le piège qu’elle lui avait involontairement tendu. Elle le voyait passer régulièrement la main dans ses cheveux noirs fraîchement coupés courts, geste dont elle savait qu’il trahissait son impatience. Cette même impatience était tout aussi visible dans ses hochements de tête réguliers, destinés à faire croire qu’il suivait la conversation attentivement, ce qui n’était pas le cas. Beaucoup d’autres petits tics de comportement, qu’elle avait appris à connaître au fur et à mesure de leur bientôt dix ans de vie commune, lui signifiaient son agacement d’être bloqué. Ainsi à la merci de personnages âgée alors qu’il était habituellement très sûr de lui, elle lui trouvait un charme fou, le charme de leur jeunesse à tous deux. La vague de plaisir lui remonta depuis le bas du ventre jusque dans ses membres, finissant par inonder sa tête d’un plaisir intense. Elle sentit qu’elle rougissait, signe de l’effet qu’il lui faisait encore après cinq ans de mariage dans ce genre de situation. Ses mains fraîches se posèrent sur ses joues brûlantes, apaisant la chaleur étouffante qui se dégageait de son corps tout entier malgré la température modeste, surtout à l’ombre.
     Elle chercha Lola du regard mais ne la vit pas immédiatement. Son attention fut captée par des cris aiguë d’enfants riant de bon cœur. La petite fille, exemple frappant de ce que l’on a tendance à appeler « nos chères têtes blondes » se faisait courir après par un petit copain. Sa robe blanche — encore propre mais pour combien de temps — voletait de-ci de-là au rythme de ses dandinements. Ses cheveux, qui lui arrivait normalement un peu en dessous des épaules était fixés en chignon et tenus avec une petite pince rose vif. Les reste de la coiffure tenait grâce à deux petites barrettes de la même couleur Barbie. Les collants assortis avec ces accessoires étaient ornés de petites fleurs blanches rappelant la robe à fines dentelles. Le tableau n’eut pas été complet sans les souliers vernis qu’elle portait avec l’élégance d’une enfant de cet âge dans toute sa candeur. Matéo était lui, accroché à la jupe de sa mère et suçait goulûment son pouce, montrant ainsi qu’il était fatigué et qu’il n’allait pas être contre une petite sieste après son repas. Il allait simplement devoir patienter un peu avant d’avoir sa petite assiette blédichef, tellement pratique à cet âge.
     Elle prit son fils dans ses bras et poussa un petit cri car elle le trouvait de plus en plus lourd. Ses treize kilos commençaient à être difficile à supporter. Bientôt, elle ne serait plus capable de le porter sur une longue période. Puis, elle se dirigea vers sa mission du jour : extirper son mari des dangereuses griffes du gang des vieux de la vieille. Elle s’en sentait capable. Quand elle parvint à côté de lui, elle fut presque déçue : il avait trouvé lui-même le moyen de se défaire de son auditoire en leur disant simplement qu’il devait aller saluer les autres personnes qu’ils connaissaient. Elle le lui avoua en s’éloignant.
          Moi qui venais te sauver de leur emprise. Je suis un peu déçue !
          Tu n’avais qu’à pas épouser un homme malin, tu aurais pu le sauver quand tu le désirais.
     Elle eut une petite moue pensive avant de rajouter finalement :
          Tout compte fait, je te préfère malin.
     Puis, elle l’attrapa de son bras libre et ils se dirigèrent vers la cour de la mairie en laissant Lola s’amuser dans le jardin avec son nouveau petit copain. Machinalement, elle posa son regard sur sa montre et vit qu’il était presque la demie. Il leur restait juste assez de temps pour saluer quelques personnes supplémentaires avant de monter par l’escalier en colimaçon afin d’assister à la cérémonie. N’ayant pas la possibilité de discuter avec tout le monde pour le moment, elle décida de lui faire faire un tour d’horizon à distance. La différentiation entre les collègues et la famille était assez aisée ; question d’habillement. Mais certains collègues étaient pourtant de la famille. Presque tout le monde était arrivé. La cour, pourtant immense, était bondée par les invités. À vue d’œil, elle en compta au moins cent cinquante, enfants non compris et dissidents du jardin non plus.
     Calmement et patiemment, après avoir trouvé un banc libre, elle lui indiqua un par un les personnes qu’elle estimât être les plus importantes à connaître. Il connaissait déjà ses parents et une partie de sa famille proche mais dès que l’on dépassait le cadre des oncles et tantes, c’en était fini. De même, elle lui présenta aussi les parents de la future mariée, ainsi que ses frères et sœurs. Les noms défilaient si vite dans sa bouche que Cédric en avait presque le tournis. Par chance, il était déjà assis et ne risquait donc pas de s’écrouler lamentablement comme il en avait le douloureux souvenir. L’âge moyen de l’assemblée était assez difficile à estimer car étaient présentes beaucoup de personnes âgées mais aussi beaucoup de jeunes gens de leur âge. Entre les deux, le néant quasi-total. À vue de nez, ils évaluèrent qu’elle était proche de la cinquantaine bien tassée.
     Marianne lui demanda s’il voulait bien aller chercher Lola car la cérémonie allait bientôt débuter et qu’il était certainement temps de monter dans la salle. Il acquiesça, puis se leva et partit vers les jardins récupérer sa petite fille. Il n’eut pas besoin de la chercher très longtemps puisqu’elle cavalait dans sa direction, poursuivie par le petit garçon du même âge avec lequel elle jouait depuis qu’ils étaient arrivés. Elle lui cria un joyeux « Papa » et se jeta dans ses bras avant de se retourner vers son copain pour le faire bisquer en lui disant qu’il ne pouvait plus l’attraper. Le petit garçon qui s’appelait Mathias, lui dit-elle plus tard, sembla dépité d’avoir ainsi perdu leur jeu, quel qu’il soit. Lorsque Cédric lui apprit qu’ils pourraient jouer encore après le mariage, il retrouva son sourire communicatif et Lola rit à son tour suivi de son père.
     Tous les trois montèrent par le magnifique escalier en pierres, probablement vieux de plusieurs siècles. Ils arrivèrent dans une salle déjà quasi-comble. Dix rangées de chaises en osier se succédaient de chaque côté d’une allée centrale à peine assez large pour passer. Tous les sièges étaient occupés, laissant juste des places debout à l’arrière. Le soleil entrait par les fenêtres de la droite de la salle et éclairait parfaitement l’endroit où se trouvaient déjà les époux en devenir. Tous étaient prêts. La mariée portait un tailleur violet dont dépassait à peine un chemisier jaune. Des collants noirs auraient gâché la tenue mais ceux qu’elle portait, couleur chair, étaient du meilleur effet. Un chapeau, exactement dans les mêmes tons mauves, et dont dépassaient quelques mèches blondes, était agrémenté d’une sorte de jardin fruitier. Son port altier parachevait la scène et lui donnait une aura de classe évidente. Son homme s’était aussi paré de ses plus beaux atours : un costume gris clair, une chemise parfaitement blanche, et un haut-de-forme assorti qu’il avait ôté pour le porter sous son bras. Il tentait de rester digne, à l’image de sa compagne mais l’on sentait qu’il se forçait à se tenir bien droit. Ses cheveux blancs, pour la plupart, contrastaient car le soleil les rendait irisés.
     Devant eux, mais derrière son bureau, le maire se tenait debout, prêt à commencer lorsque quelqu’un lui donnerait le signal. Il discutait, en attendant, avec un homme sur sa gauche que ni Marianne, ni Cédric ne connaissaient. La scène, consistant aux époux, aux témoins ainsi qu’au maire debout alors que derrière eux, tous les gens étaient assis amusa le jeune homme qui esquissa un sourire de biais.
     Quelques personnes entrèrent à la suite de Cédric, Marianne et de leurs deux enfants, mais la salle fut vite complètement remplie et les autres invités furent obligés de rester dehors. La cérémonie put alors commencer par la prise de parole du fonctionnaire municipal.
          Nous sommes réunis aujourd’hui pour unir Serge et Marie-Claude, après plus de dix ans de vie commune. Ils m’ont demandé d’être bref dans la cérémonie, je vais donc l’être. Conformément à la loi, je vais vous donner lecture des articles 212, 213, 214 et 215 du Code civil :
     Pendant plusieurs minutes, il énuméra lesdits articles et d’autres subtilités légales, importantes seulement lorsque le besoin s’en fait sentir. Marianne bailla aux corneilles sans pouvoir mettre une main devant sa bouche, car l’une était prise par Matéo et l’autre était enfermée dans celle de son mari, qui sourit au signe manifeste d’ennui. Elle fronça les sourcils pour tenter de lui faire croire à du mécontentement mais aucun des deux n’était dupe. Pour l’instant, les deux enfants étaient calmes mais elle pensait bien que cela ne durerait pas. Matéo était d’une nature remuante — ce n’est pas peu dire — et sa tranquillité tenait plutôt du miracle que de l’exception. Heureusement, le maire avait bien spécifié que l’ensemble ne durerait pas longtemps. Il avait raison.
     À peine avait-il prononcé la phrase magique « Je vous déclare unis par les liens du mariage » et le baiser traditionnel exécuté, que des gens commencèrent à redescendre dans la cour, fuyant l’ambiance moite du lieu surchauffé par la promiscuité. Bien que toute la foule se dirige en même temps vers la sortie, aucun piétinement ni aucune bousculade ne se produisirent, chacun faisant attention à son entourage. Le flot continu mit un certain temps pour s’écouler en totalité et regagner l’enceinte aérée, et protégée en périphérie par un préau. Quand ils parvinrent enfin en bas, Cédric et Marianne eurent le tournis. Cédric glissa à l’oreille de sa femme « Il y a au moins deux cents invités », mais il n’avait pas tout à fait raison. Plus de trois cents personnes avaient été conviées à la cérémonie et au vin d’honneur. En voyant la quantité de boissons prévue, entassées dans un coin à l’abri, il se dit que cela n’allait pas forcément être de trop.
     Lola demanda à sa mère si elle pouvait retourner jouer dans le jardin. L’absence d’un « S’il te plaît » la poussa à dire non, mais une fois l’erreur corrigée d’elle-même, elle lui donna la permission de bon cœur car elle était ravie de la voir ainsi gambader joyeusement. Pendant ce temps, le bar s’était mis en place et la densité de population devant les tables avait crû de manière exponentielle. Malgré tout, Cédric proposa d’aller leur chercher un verre ainsi qu’une petite cochonnerie — il appelait ainsi les gâteaux apéritifs — à grignoter, ce qu’elle accepta de bon gré en posant à terre Matéo. Celui-ci commençait à gesticuler dans tous les sens, à la recherche de sa liberté perdue. Elle le retint par la main car il y avait tellement de monde qu’elle avait peur de le perdre mais aussi que quelqu’un lui fasse mal involontairement. Il ne semblait pas du tout d’accord et tentait de s’enfuir par tous les moyens à sa disposition, c’est-à-dire principalement gigoter férocement, mais sans les dents. Depuis quelques mois, il avait abandonné cette habitude désastreuse consistant à mordre systématiquement pour obtenir ce qu’il désirait, y compris avec sa grande sœur ne se laissant pas forcément faire. Les pleurs et les cris succédaient généralement à la surprise ; et la punition aux pleurs mais le mal était fait. Il mordait jusqu’au sang.
     Quand Cédric fut de retour, il rapporta avec lui les parents de Marianne, tout sourire, qu’il avait rencontré près du bar. Ils ne s’étaient plus vus depuis plusieurs semaines car les deux couples avaient été particulièrement occupés. Ils l’embrassèrent et firent de même avec le petit gnome toujours accroché contre son gré aux jupes de sa mère (bien qu’elle n’en porte pas). L’enfant était ravi de voir ses grands-parents, absents depuis un moment. Il sauta dans les bras de son grand-père à sa façon — maladroitement — en criant « Popi », déformation involontaire de « papy ».
          Où est Lola ? demanda Sylvie, la mère de Marianne.
          Elle joue là-bas dans le jardin avec un autre petit garçon, lui répondit Cédric en montrant la direction du doigt.
          Vous étiez en haut pour la cérémonie ? On ne vous a pas vus.
          Oui, ton père et moins, nous étions assis au deuxième rang, juste à côté de ta cousine qui prenait des photos.
          Élodie ? Elle est là ? Non, je ne l’ai pas vue non plus. Je ne savais pas qu’elle venait. Ça fait tellement longtemps que je ne l’ai pas vue.
     Elle se tourna vers Cédric.
          Tu ne la connais pas ?
          Élodie ? Non, ça ne me dit rien du tout. C’est la fille de qui ?
          C’est la fille de tonton André.
          Ah OK ! Non, je pense pas la connaître, mais il va falloir réparer ça. T’as l’air d’avoir très envie de la retrouver, ajouta-t-il avec un clin d’œil à sa femme.
          Vous aurez tout le temps, elle est invitée aussi avec son mari au repas, intervint le père de Marianne en tapotant gentiment sur le bras de celle-ci.
          Tant mieux, il y aura au moins des jeunes avec qui parler, lança Cédric avant de réaliser ce qu’il venait de dire et de rougir légèrement. Sans vouloir vous vexer, bien sûr, ajouta-t-il finalement.

     Michel éclata de rire pendant que sa femme esquissa un sourire, puis fit une grande claque amicale sur l’épaule de son gendre qui, surpris, fut déstabilisé.

          Mon cher gendre ! Jamais tu n’apprendras à tourner sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler. Mais finalement, c’est un peu pour ça qu’on t’aime. N’est-ce pas ma chérie ? ironisa-t-il à l’intention de Marianne.
          Papa ! Laisse-le voir un peu tranquille. Tu le fais rougir.
          C’est gentil, mais je peux me défendre tout seul ! s’insurgea le centre du débat.
          Comment va Lola ? intervint Sylvie. Elle n’est pas malade ?
     Marianne saisit la perche et au vol.
          Non, ça fait presque trois semaines qu’elle n’a pas été malade. On croise les doigts. Si on pouvait être enfin un peu tranquille, ça nous ferait du bien, quitte à ne pas rentabiliser l’abonnement chez le pédiatre.
     Lola était une enfant fragile. Depuis sa naissance, elle tentait d’écrire la Bible grâce à son carnet de santé. Les pages rajoutées le faisaient ressembler à un portefeuille d’homme, bourré à craquer. Tout y était passé : les bronchiolites, les pneumopathies, la varicelle, les infections urinaires et même les infections virales, aussi soudaines que stériles donnant de la fièvre au-dessus de quarante degrés pendant trois jours, sans la moindre éruption cutanée. Heureusement, Matéo était nettement moins sujet aux maladies en tout genre que sa sœur qui, dans son immense bonté, ne lui transmettait jamais. La moyenne était ainsi assurée.
          Je vais aller la chercher, dit Cédric, trop heureux du détournement de la conversation.
          Non, laisse-la s’amuser avec son petit copain. On la verra tout à l’heure pendant le repas. On a tout le temps.           Tu es sûr, papa ?
          Oui. Allez donc retrouver ta cousine, on se verra tout à l’heure.
     Les parents de Marianne s’éloignèrent dans la foule en moins de temps qu’il n’en faut pour le réaliser. La foule était si dense que quelques mètres avaient suffi. Tout le monde à présent se trouvait à l’extérieur, et la majorité squattait le préau pour tenter tant bien que mal de se ravitailler : un peu à manger et beaucoup en alcool. Les fûts de bières s’usaient à une vitesse vertigineuse et la pyramide de métal fondait à vue d’œil. Le succès était nettement moindre pour les bouteilles de Coca-cola, qui restaient désespérément pleines et esseulées. Quelques alcools forts (Whisky, Get27, Tequila) — l’abus d’alcool est dangereux pour la santé semblaient scander en riant le serveur, tout en versant avec abondance le liquide jaune — trouvaient preneur dans des verres à bière, naturellement. Mais le gros de la troupe se ruait littéralement sur les pompes à bulles. La nourriture n’était pas en reste car, même sans serveuses attitrées, quelques personnes proches du couple fraîchement marié tentaient de se frayer un passage pour distribuer des mignardises salées très appétissantes. Chaque plateau se vidait en quelques secondes seulement, laissant les suivants sur la liste à leurs gargouillis persistants et donnant le champ libre à la diffusion de l’alcool dans le sang. Alors que certaines personnes dégageaient l’accès sitôt les verres obtenus, d’autres, tels des piliers de bar sans bar, restaient scotchés à côté des distributeurs et bloquaient les accès.
     Le brouhaha qui s’élevait obligeait chacun à parler de plus en plus fort. Des rires gras et sonores parvenaient à sortir de l’anonymat, même si ces rires étaient facilement reconnaissables et donc pas très anonymes. Les gens s’étaient rassemblés en groupes d’affinité. Rassemblez des gens de tous horizons et vous verrez rapidement des clans se former, encore plus si certains se connaissent déjà.
          Bon, il ne nous reste plus qu’à trouver Élodie, maintenant ! suggéra Marianne.
-           Oui. Certes. Mais je ne vais pas pouvoir beaucoup t’aider puisque je ne sais pas du tout à quoi elle ressemble.

Commentaires

  1. g@rp (Mercredi 17 janvier 2007 , 20:07)

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    Pas fastoche.
    Je parle de lire sur écran. Pas du mariage.
    Aurais-tu une version PDF ou OOo ou Word de disponible quelque part ?
    Quant au texte que tu laisses en rade : bienvenue au club ! J’en ai des kilotonnes, tant dans ma bécane, que sur feuilles volantes, que dans des cahiers, des carnets. Mais après tout, il en reste toujours quelque chose. Tous ces mots demeurent dans un coin de ta tête, mûrissent, s’accouplent, jusqu’au jour où il en jaillit ZE nouvelle.
    Voire ZE roman !
    Remember ? “Restez libres et ne renoncez jamais…”
    Avis à la population qui pourrait lire ce message : en haut à gauche, se trouve ma bobine. Si vous cliquez dessus, vous allez vous retrouvé sur un blog dans lequel figurent, justement, des textes inachevés. Si ça vous tente…
    Et toi, Whis, ça te permettra de voir que tu n’es pas le seul.
    Amitiés du g@rp

  2. g@rp (Mercredi 17 janvier 2007 , 20:08)

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    Woooo pétard ! J’ai fait une fôte ! Il fallait lire “vous allez vous retrouver”.
    Mea culpa, etc.

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